There and back again, TiFlo's humble tale

14 février 2008

Bête et méchant

Y pas d'âge pour être amoureux. Joyeuse St-Valentin !

DMF_40_LRG

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06 février 2008

Les moutons d'ici

UoOcommerceLa couverture de La Rotonde, le journal des étudiant francophones de l'Université d'Ottawa la semaine dernière, reprenant le logo de L'université normalement appelée «L'Université Canadienne».

    L'Université d'Ottawa (UoO), comme toutes ses consœurs anglo-saxonnes, fonctionne sur un modèle d'entreprise. Et assure à ce titre une bonne partie de son financement grâce à des fonds privés. On peut en penser ce qu'on veut, y a pas à chier, ça permet quand même d'avoir du matos et des livres. Cependant, à l'UoO, ça prend des dimensions inquiétantes. Le catering (tout ce qui concerne l'approvisionnement en bouffe et en boisson) du campus est monopolisé par des grandes compagnies (Coca-Cola, Starbuck, Second Cup, etc.) qui ont un contrat d'exclusivité, ce qui entrave les quelques initiatives étudiantes dans ce domaine (café étudiant, sandwicheries et autres). On se retrouve même avec un café dans le bâtiment de la BU. Blasphémie ! Certaines unités sont financées par des industriels privés, qui se voient en retour décerner des doctorats honorifiques, un musée à leur gloire dans les bâtiments au sommet desquels leur nom domine la ville en enseignes lumineuses, j'en passe et des meilleures (la faculté de gestion a même été renommée d'après un de ces «mécènes»). Bien entendu, toutes les tractations se déroulent dans le secret le plus total, au mépris de toute règle constitutionnelle. C'est pourquoi la semaine dernière, quelques étudiants ont finalement décidé de secouer le bordel, en organisant une réunion dans le centre étudiant. C'était sympa : on était une petite centaine sur 32 000, ça a pas l'air de les avoir contrarié plus que ça. Motivés les gens, motivés ! Pendant ce temps, la queue dans le café installé au rez-de-chaussé de la BU (je vous raconte même pas comment c'est un hall de gare) ne désemplissait pas. Désespérant.

Depuis, je me suis fait dire que les étudiants d'Ottawa sont quand même des bons enfants à leur parents, que peu d'entre eux ont du voir la moindre facture de leur vie et que, après tout, ça changera sans doute jamais : «quand l'appétit va tout va», comme disait Obelix. Et comme me l'a affirmé très naturellement une collègue de séminaire il y a trois jours, «un voyage en Europe par an, c'est le minimum pour se changer les idées». L'envers du décor sans doute...

    Pour finir sur une bonne note et pour bien montrer que J'aime cracher dans la soupe, j'ai trouvé un job. À l'université bien entendu. On est une dizaine d'étudiants à bosser pour une prof qui travaille sur la traite des fourrures. Ça s'invente pas. Le job consiste à compiler une base de données la plus complète possible sur tous les pauvres types qui partaient dans l'Ouest canadien chasser le castor au 19ème siècle. Je généralise un peu, mais en gros c'est ça. C'est un projet pluriannuel commandité par le Conseil National des Métis, qui sont les descendants d'Européens et Autochtones. C'est sympa, ça paye un salaire de ministre et en plus je me sens un peu utile. C'est cool. Et sinon, j'ai maintenant trois profs référants à l'UoO. Et toujours pas de nouvelles de Nantes. C'est moins cool, et je commenterai pas.

Tiens bon la rame !

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