10 juillet 2008
L'Histoire de l'Amérique, sans Mel Gibson
Il y a 250 ans, le 8 juillet 1758, la France remportait une de ses seules victoires de la guerre de Sept Ans contre la Grande-Bretagne. En Amérique du Nord. Sous les murs du Fort Carillon, au bord du Lac Champlain (actuel État de New York aux États-Unis), le Marquis de Montcalm repoussait avec 3500 Français et Canadiens les 16000 Anglo-américains marchant sur Montréal, sauvant la colonie cette année là et offrant un répit supplémentaire à la Nouvelle-France.
Je vous renvoie pour plus de détails à l'article de Wikipedia sur la guerre de Sept Ans, la rubrique sur la guerre en Amérique du Nord est très bien. Mais vu que j'ai du bassiner la majorité d'entre vous avec ça depuis pas mal de temps déjà, vous n'en avez pas besoin, hein! Hein? Ok, pour ceux du fond, sachez seulement qu'elle a lieu au milieu du 18ème siècle, qu'elle oppose la France, l'Autriche et la Russie à la Prusse et la Grande-Bretagne. Pour faire simple, cette dernière a compris que l'avenir se jouerait désormais à l'échelle de la planète et non plus uniquement en Europe. En 1763, la France vaincue doit lui céder toutes ses colonies d'outre-mer, c'est la fin de l'aventure Française au Canada.
Et comme les Américains font toujours les choses bien, grâce au Coca moins cher que l'eau, aux deux hamburgers moins cher qu'une baguette de supermarché et à la boule de glace grosse comme une balle de tennis (comme ça tu peux n'en manger que deux sans culpabiliser; j'ai du jeter la mienne que j'arrivais pas à finir, je m'en suis pas remis), ils commémorent tout ça. On allait pas laisser passer l'occasion! Enfin... j'allais pas laisser passer l'occasion. Alors j'ai vendu la chose à Heidi en incluant dans le package un peu de camping, de la rando dans la montagne et des vacances tranquilles avec son amoureux. Pensez-vous, elle a couru! Et hop nous voilà partis à l'aventure vers les States, la Toyota pleine de bordel et mon visa périmé depuis 1 mois dans la poche.
Ben on a pas été déçus. Mais alors vraiment pas. Parce que d'abord ça fait trop plaisir de voir des montagnes, des vraies. Parce qu'ensuite ils m'ont pas fait chier à la frontière et que la douanière a même été aimable, ce qui vous reconnaîtrez devient rare par les temps qui courent au pays de Mickey. Parce qu'aussi ça faisait près de six années que j'attendais de voir les régions sur lesquelles je travaille (qui a parlé de pélerinage?). Enfin parce que quand on fait de l'«histoire vivante» ici, c'est autre chose que du Château de Tiffauges. Et on s'attendait à quelque chose de bien et de beau: c'était au-delà de tout ça.
Et plutôt que de me répandre en explications interminables, la moitié d'entre vous a déjà du décrocher, je vous propose de voir tout ça en photos. Et pour être bien sur que vous vous farcissez la soixantaine avec les commentaires que j'ai passé deux jours à trier et rédiger, y a pas de diaporama. Na.
Ah si. J'avais pas assez de place pour commenter cette photo dans l'album, alors je vous la met là.
Là y a une histoire ! Si si.
Pour faire court j'ai failli mourir à cause que j'ai manqué de mettre le pied (droit) dans un serpent à sonnette. Oh non, pas celui-là. On l'a vu de loin celui-là, parce que pensez-vous, on se méfiait. Mais 1/2 heure avant on se méfiait pas. En fait, on se méfiait plus. Parce que les serpents à sonnette on les attendait, on nous avait prévenu, sur la face rocheuse et ensoleillée de la montagne où on marchait. Pas dans les marécages sur le chemin du retour, après 5h de rando bien éprouvantes, et avec la nuit pas très loin. Et oui: on avait plus vraiment les yeux en face des trous à ce moment là. Pour tout dire, j'étais en pilote automatique depuis quelques temps déjà, et Heidi avait adopté son attitude caractéristique qui consiste à fixer mes pieds jusqu'à l'hypnose pour pas perdre le rythme.
Elle somnolait donc dans mon sillage (je suis pas sur que rendu là la somnolence soit la bonne expression) alors que je tentais de contourner des hautes herbes baignant dans la flotte. Autant vous dire que le méga bon en arrière que je fis subitement, à défaut de lui mettre mon sac dans la face, la réveilla au moins suffisamment pour qu'elle ne mette qu'une vingtaine de seconde (au bas mot) à repérer le tas de viande brune, enroulée entre deux branches mortes et la tête dressée immobile, que je pointais du doigt silencieusement à 2-3 mètres de nous.
Ok, y a pas mort d'homme me direz-vous. Mais croyez bien qu'on était vraiment pas chaud à l'idée de devoir désormais avancer dans les hautes herbes, sachant qu'un truc comme ça tu le vois déjà pas bien de jour et que tu sais pas si tu seras à la voiture avant la nuit (et qu'en bon conquistador t'as pas d'anti-venin dans le sac).
Maman, ton fils va bien. Les jambes un peu flageolantes certes, mais ça va. Et puis ça fait des histoires à raconter pour impressionner le quidam.
La semaine prochaine, vous découvrirez si les douaniers canadiens sont aussi indulgents que leurs collègues américains avec les clandestins. Bonne lecture!
Commentaires
Cher enfant...
Maman ne s'inquiète pas ! (plus ? !!!) Rires.
Maman admire la patience, que dis-je, l'abnégation d'Heidi dont tu fais l'éloge à chacun de tes écrits. Gaffe, ce pourrait devenir un exercice de style : la patience d'Heidi dans le quotidien, la patience d'Heidi mise à l'épreuve de paysages à découvrir, de sommets toujours plus hauts...
Es-tu bien sûr qu'elle somnolait, confiante en tes pas guerriers d'éclaireur ? N'était-elle pas plutôt en train de veiller sur toi, discrète ? Tellement géniale qu'elle te fait croire qu'elle s'est fait surprendre par ton bond (D !) salvateur !
Tu nous fais sourire et rire. La qualité de ton écriture y est pour autant que l'originalité de tes aventures et l'humanité de tes rencontres. Merci pour les photos, et les commentaires (j'adore les chaussettes à carreaux rouges et blancs).
Tes frères se réveillent : je vais leur laisser l'ordi, le temps de faire un tiramisu. Mamie Blanche arrive demain en hélico. Les voyages forment la jeunesse !...
Nous vous embrassons très fort, bel été à vous deux !
ps : Maman t'M
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