There and back again, TiFlo's humble tale

16 février 2010

Paris, 16 février 2010

Paris, ça sent :

1- la clope

2- le parfum

3- La belle fringue

4- Le pain chaud

5- Les gaz d’échappement

Dans un bar, boulevard de Bercy. Premier sandwich au pâté depuis plus d’un an. Moment de bonheur. Trois heures plus tôt, au T3 de l’aéroport Charles-de-Gaulle, accueilli avec le sourire par le jeune douanier d’origine maghrébine.

Le groupe d’amis qui occupaient le coin de la véranda quand je suis arrivé vient de partir. Ça débattait vivement de la vie, du gouvernement, des gens. Le patron, genre Pied-noir dans la cinquantaine, un peu bourru mais au franc sourire, converse tout aussi énergiquement avec les habitués accoudés au bar. Un des piliers m’a apporté mon verre d’eau. Un autre, né en Algérie, conte la transformation de ses copains d’enfance qui se sont tous fait « pousser la barbe ». Sans animosité. Juste des regrets.

J’ai marché de la Gare de Lyon jusqu’à chez Claire. J’ai fini par arrêter de prendre des photos quand j’ai failli me faire foutre en l’air par un livreur de la Poste un peu trop zélé. C’est fou la quantité de monuments au km².

Le petit noir bien serré me surprend. Je cherche l’eau entre les grains de café. Dans le kiosque à journaux devant le bar : le calvaire des profs, les règlements de compte au sein du gouvernement, les élections, Marie Drucker et Louise Bourgoin. Et Laurent Blanc dans le cœur des Français pour remplacer Raymond Domenech. Mon absence n’a pas du être si longue que ça.

Je ne m’étais pas rendu compte à quel point on jure à tout bout de champs.

En passant devant l’École Communale du 12ème Arrondissement, une plaque commémore la disparition de ses enfants juifs qui ont été déportés entre 1944 et 1945. Aucun d’entre eux n’est revenu des camps de la mort. Une Conquête en chasse une autre…

Je viens tout juste d’apercevoir les dizaines de bouteilles d’alcool vides, essentiellement du vin, soigneusement posées autour du gros conteneur à verre à l’angle de la rue.

6- Un accent que les Canadiens français trouvent bien souvent snobinard. Un peu comme les Anglais pour les Américains.  J'avoue qu'ils m'ont bien eu sur ce coup là

Sur le parvis de la Gare de Lyon, à ma gauche : « Tour de Lyon ». Intrigué, je lève le nez pour contempler l’ampleur de la bête architecturale. Trop haut, trop vite. Je ne trouve que le ciel. Le 12ème n’est pas encore la Défense. Ça n’est peut être pas si mal. Plus c’est haut, moins ceux qui sont en bas voient le jour.

Les vitrines des pâtisseries sont alléchantes. Celles des librairies le sont tout autant. Un tel étalage de culture et d’art de vivre est presque vexant.

Les flics roulent en voitures flambant neuves. Un article du Monde d’hier dressait un constant peu reluisant du manque de moyens technologiques dans les collèges et lycées du pays.

Un groupe de mômes déguisés en cowboys et en Indiens, avec plein de sorcières dans le lot, passe devant nous. Je me suis fait traiter de touriste par des ados devant un collège un peu plus tôt. Non content de trimballer ma valise depuis ce matin, je crois que je n’ai pas vraiment le look local…

7- Les moteurs 2 temps

Il fait à peine 5° C. Le soleil aide un peu, mais je regretterais presque d’avoir laissé la veste à Ottawa. C’est bien la peine de venir chercher un été précoce.

Tout à l’heure, je suis resté comme deux ronds de flan devant un feu rouge : de l’autre côté de la rue, le feu était vert, personne ne daignait passer. Lorsqu’il est finalement passé au rouge, tout le monde a démarré en trombe. Perplexe, j’ai fini par remarquer l’autre feu, le bon celui-là, de notre côté de la rue. Il y a cinq ans, à Waterloo, j’avais coupé la route à tout le monde en allant sagement m’arrêter au pied du feu rouge, de l’autre côté de l’avenue. Depuis ce jour, Heidi s’enlève des cheveux blancs tous les matins. J’ai cessé il y a longtemps, vaincu par le nombre.

L’inévitable coup de barre consécutif au voyage se fait attendre. J’ai un peu peur qu’il tombe ce soir, alors qu’on doit attraper Vincent et sa belle qui rentrent d’Amsterdam ( ?). Le hasard fait parfois bien les choses. Et Claire ayant éventé la surprise, je me gave de cafés pour retarder l’appel de Morphée. Dieu qu’ils sont serrés ! Dans la soirée, Vincent appellera : bloqués à Anvers à cause de problèmes de trains. On remettra à plus tard...

Les motards allument comme des dingues. En un an, même sur l’autoroute, je n’ai jamais vu ça. Les flics canadiens feraient leur quota mensuel en une après-midi ici. Pendant ce temps là, ils sont rendus à verbaliser les cyclistes qui terrorisent les vieilles sur les trottoirs d’Ottawa. Il n’y a même pas 24 heures, je faisais du patin sur la glace du Canal Rideau. Passer d’un continent à l’autre est devenu tellement insignifiant.

La pharmacie qui jouxte le bar est ouverte. Vais-je y trouver des chips et du soda ? J’aurai sans doute oublié d’aller checker au moment de payer ma consommation.

Les ados ont toujours leur sac Eastpack vissé sur le dos. Certaines modes ont la vie dure.

Une cliente au comptoir est en train de se plaindre du machisme du patron. La discussion vire sur les homosexuels. Je me disais bien qu’il y avait des limites à l’amabilité de mes hôtes.

Sur les flancs des bus de la RATP, des annonces pour des portes blindées, et le dernier film de José Garcia. Tiens, je l’avais oublié lui !

Très peu de gros dans la rue. Même pas obèses, juste un peu enveloppés. Il faut croire que courir entre les voitures ça maintient en forme.

L’odeur de cigarette qui semble stagner dans l’air me change de celle des donuts. Je ne suis pas sur de savoir laquelle est pire que l’autre.

Sur les portes vitrées de la véranda, le nom du bar : « ortèMeL ». À l’envers, vu de dehors, ça doit marcher un peu mieux.

Un motard vient de s’emplafonner une voiture. Ça ne semble pas émouvoir les gens plus que ça. Je ne vois rien, une voiture est stationnée devant la scène. Les pompiers arriveront cinq minutes plus tard.

Une femme est entrée, a demandé à utiliser les toilettes, ce qui lui a été accordé, puis a remercié et est repartie. Laissant le taulier lâcher une tirade sans fin sur les gens qui ne manquent pas d’air, qui croient qu’on est là pour rendre service, qu’on n’a pas de charges à payer, etc.

I’m back home. And it feels good.

Posté par littleTiFlo à 03:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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